03 novembre 2009

Peignage Dumortier dans la presse

Sous le titre " Le dernier peignage de France coule à cause des banques ", l'édition lilloise du quotidien Libération revient aujourd'hui sur le lâchage des banques et les menaces qu'il fait peser sur Dumortier.

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30 octobre 2009

Quand les banques étranglent les entreprises

Bien sûr, il faut dire et répéter que " Peignage Dumortier " n'a pas dit son dernier mot et que le dépôt de bilan prononcé hier par le tribunal de commerce ne signifie pas liquidation. Bien sûr, il faut rappeler également que s'ouvre maintenant une période de 6 mois durant laquelle l'entreprise tourquennoise pourra se relancer. Oui, bien sûr... Sauf que nous n'aurions jamais du en arriver là.

Retour en arrière. Confronté à des difficultés de trésorerie, Bernard Helle, le PDG de " Peignage Dumortier " alerte au mois d'août la ville de Tourcoing, LMCU et la Région. Dès le 1er septembre, LMCU réunit l'ensemble des partenaires susceptibles d'intervenir pour aider Dumortier à affronter une mauvaise passe. L'entreprise, leader européen sur son secteur grâce, notamment, aux investissements considérables qu'elle a su consentir et au savoir-faire de ses salariés, subit certes les effets de la crise mais les fondamentaux sont bons. Ainsi, elle n'a perdu aucun client au cours de cette période difficile, même si ceux ci ont réduit le volume de leurs commandes.

La mobilisation des collectivités locales et aussi de l'Union des Industries Textiles (IUT) comme de l'Etat est alors immédiate et sans faille. Chacun est somme toute confiant : cette PMI a incontestablement en main les atouts pour obtenir le prêt bancaire qui lui permettra de passer l'orage.

Nous avons bien vite déchanté... Car les banques se sont livrées à de la surenchère en faisant monter toujours plus haut le niveau de leurs exigences. Pour autant nous n'avons pas baissé les bras et avons aboutit à un montage financier assurant un niveau de garantie hors pairs : caution de la SEM-ville Renouvelée, caution d'OSEO, caution personnelle du dirigeant, assurance décès et hypothèques. Et au bout du compte, nous avons essuyé -au dernier moment- un refus de la banque. En effet, si le remboursement du prêt ne faisait pas de doute, la banque en revanche, n'avait pas la certitude que l'opération serait profitable à court terme.

Pendant toute le durée des négociations, je me suis tenu au silence. Mais le temps est venu de dire à quel point le comportement des banques est irresponsable. J'ai en mémoire -pour longtemps- les propos glaçant de banquiers qui sans aucun état d'âme m'ont annoncé qu'ils ne prêteraient pas un centime à " Dumortier ". Comment ne pas être écœuré lorsque l'on se souvient que ces mêmes banques ont été sauvées de la banqueroute, voilà quelques mois, grâce à l'intervention de l'Etat, c'est à dire du contribuable.

Le mur de la finance auquel se heurte Dumortier illustre la dérive -devenue ligne de conduite- des banques de notre pays qui préfèrent spéculer sur les places financières internationales plutôt que de contribuer au soutien et au développement de l'économie réelle.

J'écrivais ici, il y a quelques jours que l'Etat avait laissé passé l'occasion de rentrer dans la capital des banques, au moment où il les avait renfloué. En rentrant dans leur conseil d'administration, il aurait pu peser ainsi sur leurs décisions. Je ne peux à la lumière des difficultés que traverse Dumortier refaire le même constat.

Reste que tout n'est pas joué pour Dumortier. La mobilisation exemplaire des salariés ne doit pas faiblir. L'avenir est loin d'être écrit. Le redressement de Peignage Dumortier est non seulement nécessaire, il est aussi possible.