03 mai 2007

Lettre à Valérie Letard sénatrice UDF que j'apprécie

medium_Valerie_Letard_.jpgValérie,

 

J’ai appris que tu appelais à voter Nicolas SARKOZY. Comment est-ce possible ?

 

Je me souviens de nombreux échanges que nous avons eus ensemble : sur les minima sociaux, sur le RMA, sur les contrats d’avenir, sur beaucoup d’autres sujets. Je me souviens de discussions aux lendemains des émeutes de novembre 2005 (qui était Ministre de l’Intérieur ?), sur la situation dans nos quartiers, la suppression de moyens aux associations ou dans les écoles. Je me souviens de tes positions au Conseil Régional sur un certain nombre d’enjeux majeurs.

 

Alors je ne te comprends pas. Je ne comprends vraiment pas. Au moment du grand choix, tu renonces à faire le grand pas. C’est vrai, ce n’est pas facile de faire bouger les lignes. Mais dans les moments cruciaux, ne doit-on pas mettre ses valeurs au-dessus de tout calcul politicien ? Il faut du cran, du courage, et j’ai toujours pensé que tu en avais.

 

Vraiment que penses-tu des théories génétiques de la délinquance ?

Du bouclier fiscal qui va protéger les plus grosses fortunes ?

De l’immigration agitée comme un chiffon rouge devant l’électorat du Front National ?

Du recul promis dans l’accès à la santé ?

 

Rien dans le projet de Nicolas SARKOZY ne croise les valeurs fondamentales de la démocratie sociale.

 

Il me reste un peu de naïveté pour penser qu’au bout du compte, tu choisiras d’être fidèle aux valeurs auxquelles tu fais souvent référence.

 

Je n’exprime pas ici de déception ; chacun est libre de son choix, mais une authentique incompréhension. Souviens-toi du jour où nous avions parlé de l’audace qu’il faudrait aux uns et aux autres pour bousculer le paysage politique. Ce moment est venu.

 

Je te prie de croire, Valérie, en l’assurance de mes salutations distinguées.