Le Déclassement
Auteur : Camille Peugny,
Editeur : Grasset
Année : 2009
L’ascenseur social est en panne, le constat est désormais connu et ne souffre d’ailleurs d’aucune contestation, si ce n’est peut-être sur l’ampleur du phénomène. Mais plus inquiétant encore, au risque de stagnation (le sur-place) a succédé, dans notre pays, celui du déclassement social (régression). C’est ce que montre le sociologue Camille Peugny, chiffres à l’appui : les générations nées à partir des année 60, sont de plus en plus nombreuses à occuper une position moins élevée que celle de leurs parents. Ces trajectoires déclinantes représentent aujourd’hui 25% des 35-39 ans contre 18%, il y a 20 ans.
La massification de l’enseignement supérieur a permis à une proportion croissante de jeunes d’obtenir des diplômes universitaires. Mais ces diplômes ne sont plus à même d’assurer à leurs détenteurs l’accès à des professions en rapport avec leur niveau d’études. S’en suit un double déclassement. Scolaire, d’une part, puisque les diplômes dévalorisés sur le marché du travail se voient bradés. D’autre part, le déclassement est aussi social car la position des parents n’a pas été maintenue alors que les trajectoires solaires des enfants sont plus brillantes.
Comment s’étonner dès lors de la frustration et la défiance vis à vis du politique qui gagne les nouvelles générations ? Elles peuvent légitimement éprouver le sentiment d’avoir été abusée par une Société qui de façon plus ou moins explicite mais avec constance, laisse entendre que le travail, l’effort, l’investissement dans les études trouvent forcément une reconnaissance sociale.
Note : 10/10
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