06 novembre 2009

Martine Aubry à Tourcoing

" Merci de nous laisser la possibilité de nous exprimer alors que j'ai le sentiment qu'un peu partout aujourd'hui, les espaces de liberté rétrécissent ".

Cette intervention, parmi bien d'autres, m'a marqué hier soir à L'Atelier de Tourcoing, où je participais à l'étape tourquennoise du Tour de France du Projet du Parti Socialiste. J'ai gardé ces mots en mémoire car ils sont révélateurs du besoin de nos concitoyens de s'exprimer.

Je dois d'ailleurs vous avouer ma fierté de voir que notre ville avait été choisie. Et je veux voir dans le fait que cette rencontre se soit déroulée précisément au Virolois -un quartier qui achève sa mutation- un symbole plein de promesses : la volonté peut infléchir le cours des événements.

800 personnes environ avaient donc pris place à L'Atelier venus dire, pour beaucoup, qu'elles ne se reconnaissent pas dans la France d'aujourd'hui, celle que veut redessiner le gouvernement. Une France dans laquelle l'individualisme et l'argent seraient des valeurs cardinales au détriment de la solidarité et des valeurs républicaines. Des sujets très concrets ont été abordés comme les paradis fiscaux, les délocalisations... Sur tous ces sujets, Martine Aubry a exposé sa vision, sans jamais céder à la démagogie qui aurait conduit à livrer des réponses toutes faites.

Martine Aubry attendait que les participants lui disent dans quelle société ils voulaient vivre. Elle aura sans aucun doute possible tiré des enseignements de cette soirée. Et en particulier sur la responsabilité qui est la nôtre, socialistes, de bâtir ensemble un projet crédible d'alternance.

Le très mauvais procès du procureur Daubresse

Marc Philippe Daubresse met en cause aujourd'hui par voie de presse Jean-Pierre Balduyck à propos des emprunts dits " toxiques " contractés par Lille métropole communauté urbaine. Cette mise en accusation, franchement nauséeuse, relève d'une conception de l'action publique qui ne recule devant aucun procédé pour s'offrir une tribune.

Je reviens ici rapidement sur le fond du dossier. Alors que Jean-Pierre Balduyck était vice-président de LMCU chargé des finances, la communauté urbaine a souscrit des emprunts qui se sont avérés toxiques après la crise des subprimes fin 2008.

Aussi, pour mesurer objectivement et dans la plus totale transparence les menaces éventuelles pesant sur les capacités de financement de la métropole, Martine Aubry avait commandé un audit à un cabinet d'experts. Rapport remis en octobre dernier et dont Marc-Philippe Daubresse, en sa qualité de président de la commission des finances de LMCU, fut l'un des tout premiers destinataires. Il allait de soi (à mes yeux en tout cas) que nous allions ensemble, majorité comme opposition, mener un travail de fond pour trouver des solutions à une question dont les enjeux n'échappent à personne. Au lieu de ça, le président du groupe de l'opposition préfère le tapage médiatique et, pour faire sensation, désigne un bouc émissaire.

Si je ne lui faisais le crédit d'une certaine intelligence, je dirais de Marc-Philippe Daubresse qu'il se trompe de coupable. Mais la vérité est ailleurs, plus crue, plus navrante : nous assistons là à une manœuvre de basse-politique.

Faut-il rappeler en effet que Jean-Pierre Balduyck n'est en rien coupable puisque ce n'est pas lui, mais les banques qui ont conçu et diffusé ces produits financiers toxiques ? Faut-il rappeler qu'un très grand nombre de collectivités locales (de gauche comme de droite) ont souscrit à ces emprunts ? Faut-il rappeler que Marc-Philippe Daubresse est proche d'un gouvernement qui après avoir renfloué les banques (avec l'argent du contribuable) leur laisse aujourd'hui le champ libre pour renouer avec ces pratiques qui empoisonnent les comptabilités publiques ?

Je crains que ce rappel à la vérité des faits soit vain.

Marc-Philippe Daubresse ne s'embarrasse pas de la vérité. Il préfère l'accommoder à ses fins personnelles.