06 novembre 2009

Le très mauvais procès du procureur Daubresse

Marc Philippe Daubresse met en cause aujourd'hui par voie de presse Jean-Pierre Balduyck à propos des emprunts dits " toxiques " contractés par Lille métropole communauté urbaine. Cette mise en accusation, franchement nauséeuse, relève d'une conception de l'action publique qui ne recule devant aucun procédé pour s'offrir une tribune.

Je reviens ici rapidement sur le fond du dossier. Alors que Jean-Pierre Balduyck était vice-président de LMCU chargé des finances, la communauté urbaine a souscrit des emprunts qui se sont avérés toxiques après la crise des subprimes fin 2008.

Aussi, pour mesurer objectivement et dans la plus totale transparence les menaces éventuelles pesant sur les capacités de financement de la métropole, Martine Aubry avait commandé un audit à un cabinet d'experts. Rapport remis en octobre dernier et dont Marc-Philippe Daubresse, en sa qualité de président de la commission des finances de LMCU, fut l'un des tout premiers destinataires. Il allait de soi (à mes yeux en tout cas) que nous allions ensemble, majorité comme opposition, mener un travail de fond pour trouver des solutions à une question dont les enjeux n'échappent à personne. Au lieu de ça, le président du groupe de l'opposition préfère le tapage médiatique et, pour faire sensation, désigne un bouc émissaire.

Si je ne lui faisais le crédit d'une certaine intelligence, je dirais de Marc-Philippe Daubresse qu'il se trompe de coupable. Mais la vérité est ailleurs, plus crue, plus navrante : nous assistons là à une manœuvre de basse-politique.

Faut-il rappeler en effet que Jean-Pierre Balduyck n'est en rien coupable puisque ce n'est pas lui, mais les banques qui ont conçu et diffusé ces produits financiers toxiques ? Faut-il rappeler qu'un très grand nombre de collectivités locales (de gauche comme de droite) ont souscrit à ces emprunts ? Faut-il rappeler que Marc-Philippe Daubresse est proche d'un gouvernement qui après avoir renfloué les banques (avec l'argent du contribuable) leur laisse aujourd'hui le champ libre pour renouer avec ces pratiques qui empoisonnent les comptabilités publiques ?

Je crains que ce rappel à la vérité des faits soit vain.

Marc-Philippe Daubresse ne s'embarrasse pas de la vérité. Il préfère l'accommoder à ses fins personnelles.

 

 

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