22 octobre 2009

Ca s’emballe, et ça revient…

Promis, juré : on ne les y reprendrait plus.

A peu près tous les banquiers des grandes places financières de la planète (vous vous en souvenez certainement, c'était il n'y pas un an) dans un exercice de contrition extraordinaire, s'étaient engagés à ne plus jouer à la bourse comme d'autres le font au casino. La leçon était retenue, les spéculateurs totalement dégrisés étaient devenus responsables. En échange de quoi, les gouvernements avaient -avec l'argent du contribuable- renfloué les banques pour sauver le système financier international. Un mal pour un bien en somme puisque désormais on allait repartir sur des bases saines, sinon morales.

Le repentir aura été de courte durée.

La bulle financière a réapparu comme si le krach n'avait jamais eu lieu. Et cette bulle ressemble à s'y méprendre à celle qui avait précédé le naufrage de novembre-décembre 2008.

Il est temps de parler chiffres pour prendre la mesure de la démesure. 140 milliards de bonus vont être distribués pour 2009 par les banques américaines notamment à leurs méritants golden boys. Londres n'est pas en reste : 6,6 milliards d'euros seront distribués en Grande-Bretagne (soit une augmentation de 50% par rapport à janvier, selon " Le Monde "). Et la France alors qui traverse une crise sociale majeure détruisant des dizaines de milliers d'emplois ? Et bien, les valeurs bancaires ont grimpé globalement de 76% avec des pointes à +87% pour le Crédit Agricole, 92% pour BNP-Paribas... Cette santé insolente en comparaison avec les autres activités serait une bonne nouvelle si elle n'était liée au retour des pratiques à haut risque à l'origine du krach boursier dont nous continuons tous à payer le prix. Le fossé se creuse entre une économie réelle qui continue à plonger et une sphère financière qui s'envole. Les banques se sont dépêchées de régler leurs dettes à l'Etat, pour solde de tout compte et prix de leur liberté retrouvée.

L'Etat français avait pourtant l'occasion de rester dans le capital de ces banques et de peser ainsi de tout son poids de gros actionnaire pour restreindre les rémunérations extravagantes des traders. Mais aussi pour ramener les banques à la raison et leur rappeler que leur premier métier, leur raison d'être, est de " vendre " de l'argent, c'est à dire de distribuer du crédit qui profite à l'économie réelle, aux PME notamment qui fournissent en France deux emplois sur trois. Au lieu de çà, le gouvernement s'est empressé de se désengager avec les conséquences que nous voyons aujourd'hui. La ministre Christine Lagarde, poussant plus loin encore la logique du laisser faire et de la financiarisation de l'économie s'est refusée à une taxation supplémentaire de 10% des bénéfices des banques pour l'aide reçue de l'Etat, comme le réclame le Parti Socialiste.

Tout peut repartir comme avant. En vertu du principe selon lequel les promesses n'engagent que ceux qui les croient.

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