28 août 2009
A quand le débat d’idées ?
En route pour l'université d'été du PS, comme beacoup, je m'interroge. Le vent du renouveau soufflera t-il sur le port de La Rochelle où bien faut-il s'attendre à une énième tempête dans un verre d'eau dont notre parti s'est fait une spécialité au désespoir des militants et pour la gourmandise des commentateurs ?
Je ne me risquerais pas ici à un pronostic tant certains, trop nombreux dans nos rangs, se complaisent dans la critique systématique et tous azimuts, les petites provocations, les petites phrases, les petites postures. Pourtant, le moment historique que nous vivons impose à chaque socialiste de se hisser à la hauteur des enjeux et de prendre la distance indispensable pour construire avec exigence les réponses de progrès aux grands désordre du monde.
Révolutions démographiques (que ce soit le vieillissement de la population dans notre pays ou la fulgurante natalité dans d'autres parties du monde), mondialisations économiques et culturelles, découvertes scientifiques qui touchent à l'essence du vivant. Ou encore : vitesse considérée comme indicateur généralisé de la performance, conséquences connues du prélèvement agressif des ressources de la planète... La marche du monde semble bel et bien nous échapper. Nous avons le sentiment d'être dépassés par les événements que nous serions donc condamnés à subir. Et l'avenir ne paraît plus désormais capable de tenir ses promesses de progrès.
La droite avec cynisme, a su parfaitement tirer parti de ce sentiment d'impuissance mêlé d'anxiété qui gagne les esprits. Son travail pervers de sape idéologique consiste à amener les Français à faire le deuil d'un avenir meilleur, d'un monde plus juste. Le gouvernement ne cesse de répéter aux Français qu'ils doivent " s'adapter " (euphémisme qui signifie se résigner ) comme la sagesse, le bon sens, le commanderaient face à une catastrophe ou une évolution naturelles inscrites dans on ne sait très bien quel ordre des choses. " S'adapter " au capitalisme financier, aux délocalisations, à une espérance de vie des ouvriers inférieur en moyenne de sept ans par rapport à celle des cadres supérieurs, au recul de l'âge de départ à la retraite, à la fin du repos hebdomadaire pour les salariés, à une école qui se voit contestée dans ses fondements par le culte de l'immédiateté et du bling bling...
Et alors me direz-vous, qu'avez-vous de mieux, vous, socialistes à proposer ? Précisément : le socialisme. C'est à dire une vision du monde qui fait de la justice sociale la fin et la justification de tout projet politique. Le combat pour la justice n'a pas pris une ride et être socialiste aujourd'hui, c'est toujours opposer à la fatalité de l'histoire ou à celle de " la main invisible du marché ", la conviction que l'intelligence peut et doit servir l'humanisme. Les socialistes ne se sont jamais contentés de la dénonciation. Ils se sont toujours appliqués à imaginer et concevoir des outils de progrès que la droite n'a d'ailleurs pas hésité à s'approprier souvent après les avoir dénoncés (par exemple, qui peut sérieusement imaginer notre système de santé publique sans la CMU ?). Cette exigence doit continuer à nous inspirer.
Depuis trop longtemps, l'énergie du Parti Socialiste est aspirée par des querelles stériles dont on a déjà tout dit. Résultat, notre projet est en panne. Il attend que les uns et les autres veuillent bien oublier leurs ambitions pour se mettre les mains dans le cambouis de la réalité afin d'élaborer des solutions, ouvrir des perspectives à des Français qui vont finir par croire qu'ils sont pour longtemps condamnés au pire. Aussi, j'ai accueilli avec soulagement la confirmation par Martine Aubry d'organiser des primaires, ce qui d'ailleurs, figurait en toutes lettres dans sa motion adoptée au congrès de Reims. Reste bien sûr à régler les modalités d'organisation de ce scrutin et notamment la question de son périmètre (ouvert, un peu, beaucoup, pas du tout...). Mais ce sujet ne saurait, ne doit pas nous accaparer trop longtemps.
A l'instar de nombre d'élus et notamment de maires, j'avoue ronger mon frein dans l'attente que le débat au PS se déplace enfin sur le terrain des idées. Car notre ancrage local est un atout considérable, largement sous-exploité. Face à l'épuisement de dispositifs comme les PLIES, les Missions Locales ou les politiques de la Ville écrasées par les techno-procèdures, les défis lancés à la laïcité, l'insécurité, la prévention... les élus locaux ne se contentent pas de réchauffer des solutions d'hier. Au contraire, ils élaborent en permanence des réponses innovantes, concrètes qui se construisent dans une tension créative entre idéal et réalité. Un travail de fond mené, il est vrai, à bas bruit, loin de l'arène médiatique mais qui n'en donne pas moins tout son sens et toute sa force au socialisme.
Un socialisme qui, n'en déplaisent aux prophètes annonçant sa disparition, donne chaque jour en France la preuve, de sa vitalité.
09:54 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ps, la rochelle, tourcoing, socialisme







Commentaires
Bonjour Monsieur le Maire
Nous nous étions croisés lors de la manifestation de votre MdE. Votre article m'a inspiré un commentaire visible sur mon blog.
Meilleures salutations.
Philippe Labbé
Ecrit par : Labbé Philippe | 28 août 2009
Monsieur le Maire,
Je reviens sur l'épuisement des dispositifs, notamment en ce qui concerne la Mission Locale dont je suis salarié depuis un certain nombre d'années.
Petit rappel historique :
Les missions Locales créées en 1982 sur les propositions de Bertrand Schwartz, qui avait fait un véritable travail de diagnostic sur la population des 16/25 ans, se devaient d'être un observatoire territorial des problématiques de la jeunesse.
Et trouver les réponses adaptées en fédérant et suscitant le partenariat local et j'insiste sur l'aspect local car chaque territoire a ses spécificités à prendre en considération.
Aujourd'hui, elles sont devenues des outils de mise en œuvre de politiques nationales devenant un des acteurs du traitement de masse d'une population de plus en plus précaire.
Fi du diagnostic local, fi des spécificités territoriales, et "je ne veux voir qu'une seule tête".
En cherchant à s'adapter dans la course aux financements pour pouvoir exister, elles ont perdu leur raison d'être, à savoir : être force de proposition pour la mise en place d'une politique globale de la jeunesse d'un territoire.
Mais également tenir compte de l'individu dans son environnement.
A présent nous gérons des chiffres (la CPO), combien de CIVIS ? Combien d'entrée en formation ? Combien de contrats?...
Mais portons une attention particulière aux questions que l'on évite de poser : Combien de CIVIS sans solutions ? Combien de sorties de formations anticipées ? Combien de contrats n'ayant pas dépassé la période d'essai ?...
Il y a pourtant une solution bien simple : nous souvenir de notre métier, établir un véritable diagnostic de chaque usager... Revenir aux fondamentaux que nous n'aurions jamais du quitter.
Ce n'est en aucun cas du "passéisme" c'est s'adapter aux réalités des usagers d'une structure au cœur d'un territoire.
Il n'est pas trop tard pour que les salariés retrouvent la motivation et que les publics trouvent des solutions mais le syndrome "France Télécom" nous guette, il faut faire vite Monsieur le Maire...Très vite, avant que le "Grand Technocrate" nous croque..
Ecrit par : Juan Dassonneville | 02 novembre 2009
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