10 juin 2009

Message aux impatients

" Mais qu'attend le PS pour se rénover ? ".

Comme une litanie, cette phrase revenait à la radio ce matin, dans les voix des chroniqueurs. Les plumes des journalistes de la presse écrite reprenant dans leurs colonnes le même credo.

Cette impatience (dans laquelle perce une injonction) proclamée unanimement est-elle vraiment sincère ou bien relève t-elle plutôt d'un effet de manche ?

Je me pose la question car 48 heures après notre revers électoral, qui -sérieusement- croyait que la réunion du Secrétariat National accouche d'un PS tout neuf ? Ceux là devaient se compter parmi les adeptes de la magie, les naïfs qui croient encore aux vieilles lunes du grand soir ou bien les partisans des méthodes putschistes.

Un mot sur l'ampleur de cette défaite. On se rend compte en élargissant le regard que la sociale-démocratie un peu partout en Europe n'est pas au mieux et que la gauche a essuyé des revers chez tous nos voisins.

La déception de certains tient peut-être au fait que le PS n'a pas cédé à son péché mignon : nous offrir un nouvel épisode de ce mauvais feuilleton à la dramaturgie de pacotille dont les egos des uns ou des autres sont les héros. D'ailleurs (même s'il ne faut jurer de rien) je constate que depuis que Martine Aubry est à la tête du PS ce genre de spectacle semble passé de mode.

Après les résultats de dimanche soir, je partage la déception des militants socialistes et de tous ceux qui, plus largement, comptent sur le PS pour incarner une alternative crédible à la politique de la droite libérale. Mais passé ce coup dur, je veux garder la tête froide et ne pas céder à la tentation du " tout tout de suite ", du grand chambardement. Je ne veux pas pour ma part d'un ravalement de façade, d'une opération de communication sans lendemain qui voudrait faire croire qu'il suffit de changer (ou de couper) quelques têtes pour que le parti retrouve sa force et sa cohérence.

Nous devons travailler, oui, travailler je le répète car c'est la seule voie qui nous permette de bâtir un projet politique intelligent capable de répondre aux difficultés que traversent le pays et d'offrir une vision de la société conciliant équité et progrès.

Ce chemin est exigeant, austère même, et il réclame du temps.

Martine Aubry a réclamé 6 mois pour faire un premier bilan de l'état d'avancement de notre projet. 180 jours seulement alors que notre parti est en proie au doute depuis la défaite de 2002. Pour ma part et sans réserve, je signe des deux mains.

 

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