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23 août 2007

"les cartouches gauloises"

Le souvenir de la guerre d'Algérie continue de marquer douloureusement la vie de très nombreux Français : ceux qui ont été appelés sous les drapeaux pour une guerre qui ne voulait pas être reconnue comme telle (ce n'est que sous le gouvernement Jospin que les "opérations de maintien de l'ordre" seront enfin reconnues comme une guerre), la terrible tragédie des Harkis, le retour forcé en métropole des pieds noirs, les drames, les abus d'une guerre sans merci, les conséquences durables d'une colonisation... Je sens bien dans ma ville combien ce moment de l'histoire (il y a plus de 40 ans) se déroulant à des milliers de kilomètres constitue toujours et un point de repère et une plaie. Lorsque je me suis rendu en Algérie il y a plus d'un an, j'avais presque le sentiment de revenir à un endroit que je connaissais déjà, tellement ce pays, son peuple, ses paysages, ses lieux ont été au coeur d'échanges avec des personnes qui y ont vécu : des anciens combattants, des  rapatriés Harkis, des travailleurs immigrés, des immigrés plus récents fuyant la barbarerie des années de guerre civile, des architectes, des artistes...

Je vous invite à aller voir le dernier film de Medhi Charef Les cartouches gauloises  : c'est un film subtil sur les derniers mois de présence française en Algérie vécus à travers deux enfants. Tout y est résumé des multiples facettes du drame qu'a constitué cette période. Des souffrances, beaucoup de souffrances et de déchirements. Un film qui permet de répondre à ceux qui veulent toujours mettre en avant une vision étriquée et réductrice de l'histoire.

Commentaires

Il est difficile d'entendre le râle de ceux qui en ont souffert...
Et, de cette souffrance, nos enfants ne doivent pas en hériter.
Je suis triste de voir que cette plaie reste à vif dans l'esprit de nombreuses personnes. Une certaine image de cette guerre est transmise aux plus jeunes, alors qu'ils n'ont pas vécu et vu de leurs yeux ce dur passage de l'histoire.
C'est dommage que ce fardeau soit transmis aux nouvelles générations mais certains personnages alimentent la flamme... Par exemple, le député de la dixième circonscription rajoute que ce fut un rôle positif, que la colonisation est un bienfait.
C'est une philosophie de bas étages et partisane !

Ecrit par : David | 23 août 2007

Pour notre député de la dixième circonscription, je serais disposé à comprendre ce genre de mots ("rôle positif" au sujet des colonisations et des guerres) si il accepte cette idée :

Je sais que de nombreux pays furent des ressources en matières premières biens utiles à la France. Je sais que des milliers de soldats ont travaillé (soldat, c'est un travail ; un peu spécial, je l'avoue) avec l'Armée de la France à l'occasion de plusieurs grandes guerres. Alors toutes ces ressources et ces moyens humains doivent à avoir une certaine valeur - non ?
Je ne maitrise pas assez le sujet pour la question des matières premières (céréales, gaz, minerais, etc, etc).
En revanche, je sais que de nombreux soldats-retraités, venus de très loin, souffrent de ne pas percevoir leur pension. C'est si peu d'argent que je perçois cela comme une mauvaise blague. J'ajoute que 10, 100, 1000, ... de ces soldats n'ont jamais rien reçu (pas assez débrouillards avec les différentes structures administratives de l'époque ; beaucoup ont vécu l'après-guerre dans le flou le plus total.)
"Cristallisation" des pensions, est-ce le "rôle "positif"" de la chose ?

Il n'y a rien de positif. On peut gratter les coins et trouver d'autres arguments pour dire que la France a fait ceci, cela mais restons sur les vrais problèmes.
Le député de la dixième circonscription aura légitimement le droit de se targuer du rôle positif de la France quand les droits de tous ces citoyens du monde seront rétablis et que la France se lancera activement et épaulera tous les pays auxquels la France est liée de part l'Histoire. Et pas d'hypocrisies, c'est plus qu'une dette, c'est un atout commun qui sera favorable au développement mutuel de ces différentes nation (y compris la nôtre.)

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Je doute vraiment que c'est une priorité pour le monde politique. Pourtant, derrière tout ça, c'est des gens, des familles qui en pâtissent !

Ecrit par : David | 26 août 2007

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