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15 novembre 2005

Etre socialiste aujourd'hui

Etre socialiste aujourd’hui c’est, tout d’abord, être révolté par les inégalités, les considérer comme insupportables. Léon Blum disait : « Quand quelqu’un est confronté à des inégalités et dit « c’est comme ça », il n’est pas socialiste. » Au contraire, le socialiste doit se dire qu’il peut peser sur le cours des choses.
 
Etre socialiste c’est avoir cette conviction que l’on peut changer les choses. Un état d’esprit qui va à l’encontre même du libéralisme qui lui, conçoit parfaitement l’existence d’inégalités. Nous, socialistes, pensons que l’on peut, si on le veut, construire des sociétés moins dures, plus harmonieuses, plus fraternelles
 
Le libéralisme s’affirme aujourd’hui comme une approche adaptée à la mondialisation et se présente comme la réponse économique « moderne ». A y regarder de plus près, elle s’apparente à un formidable retour en arrière. Il s’agit au fond de remettre en cause tout ce que les luttes sociales et politiques ont permis de conquérir pour le progrès des conditions de vie du peuple. Comment présenter comme moderne, une approche qui serait en fait un retour en arrière ?
 
Aujourd’hui, je pense que le débat sur la nature du socialisme ne porte plus sur l’acceptation ou non du marché économique. L’économie de marché produit de la richesse. Reconnaître au marché son rôle économique ne veut en rien dire que l’on se soumette à lui et à ses violences. « Le vrai combat du socialisme aujourd’hui c’est de refuser la soumission à l’offensive des seuls intérêts économiques » dit Lionel Jospin. Mais la régulation des marchés ne suffit pas. Pour le socialisme démocratique, certains biens et services, certaines dimensions de la vie en société doivent échapper à la logique du marché (l’école, la sécurité, l’environnement…).
 
Etre socialiste c’est être universaliste. Plus que jamais, être socialiste c’est porter son regard sur le monde : tout ce qui touche des femmes et des hommes sur la planète nous regarde. La lutte contre les inégalités ne s’envisage pas seulement dans notre pays, mais aussi en Europe et dans le monde. Nous vivons aujourd’hui une mondialisation agressive parce qu’elle repose sur la concurrence exacerbée et un capitalisme financier dur, sans état d’âme. Les désordres en France s’expliquent en grande partie par les désordres du monde tel qu’il se construit. Le socialisme ne peut être dépassé par la mondialisation… Il constitue la seule réponse au libéralisme mondial. Nous sommes d’ailleurs le seul mouvement politique à s’être organiser au niveau mondial. Nous devrons de plus en plus proposer la manière dont le monde doit s’organiser s’il ne veut pas se soumettre à la logique du marché.
 
J’ai mal quand des socialistes utilisent comme argument celui de la peur des autres. Le problème n’est pas le « salarié polonais », mais comment précisément les Polonais peuvent parvenir à trouver les mêmes droits que nous : c’est cela le combat socialiste.
 
Le socialisme, c’est aussi être à l’écoute des forces qui ne sont pas politiques mais qui apportent aussi des réponses sociales. Le socialisme c’est donc aussi cette capacité : conforter dans le mouvement ceux qui oeuvrent avec d’autres leviers que celui du politique : les associations, les syndicats, les mouvements sociaux…
 
Etre socialiste, c’est le vivre dans sa vie propre. L’inverse serait un non-sens. Je n’ai jamais compris qu’un catholique, l’une des grandes religions du Pardon, puisse être favorable à la peine de mort. De la même manière,  quelle valeur aurait le discours d’un socialiste, emprunt de mixité sociale, s’il choisissait de s’en mettre à l’écart, en résidant par exemple dans un quartier résidentiel uniforme ? Vivre avec ceux pour lesquels on se bat est une valeur socialiste.

 

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